Cet ouvrage s’inspire librement de la vie de TAS Bachir (1896-1939), ancêtre de l’auteur Idir Tas et frère aîné de son grand-père paternel, Idir. N’ayant pas connu personnellement Bachir, Idir Tas a fondé son travail sur les témoignages de sa grand-mère paternelle, Zineb, sur la consultation des archives militaires françaises en ligne, ainsi que sur un important travail de recherche documentaire consacré à la Première Guerre mondiale. Fidèle aux faits historiques tout en relevant d’une démarche littéraire, ce récit se situe à la frontière entre reconstitution historique et création narrative.
Quelques extraits
« Beaucoup se plaignaient de la faim. La nourriture était presque inexistante certains jours. Un bouillon insipide avec des vermicelles. C’était comme avaler des vers bouillis. On avait envie de vomir sitôt qu’on l’avait ingurgitée, cette satanée soupe. D’ailleurs, elle donnait à certains des diarrhées. » (p.17)
« Comme d’habitude, un bombardement de l’artillerie lourde d’une durée de quarante-cinq minutes avait précédé l’assaut de l’infanterie. Dès que le silence s’était fait, vers cinq heures du matin, Bachir s’était élancé sans trop réfléchir, évitant les nombreux cratères qui éventraient le terrain. Soudain des éclats d’obus avaient jailli de toutes parts. L’un d’eux était venu se ficher dans sa jambe. Assailli par la douleur, il s’était effondré et avait perdu connaissance. » (p.42)
« Bachir entendait encore les canons qui grondaient sans relâche, ce bruit de fond qui abîmait les pensées et rendait ou sourd ou fou. Ils surgissaient au beau milieu d’une conversation sans crier gare et il perdait le fil au point que ses interlocuteurs lui demandaient si tout allait bien. Il les rassurait comme il pouvait en souriant sereinement, mais personne n’était dupe. » (p.75)
Quelques photos de la région natale de Bachir